Une maison saine, ce n'est pas seulement une question de propreté ou de décoration. C'est l'air que vous respirez, l'eau que vous buvez, les matériaux et les ondes qui vous entourent. Dans un monde ou la vision est prédominante on n'en oublie parfois que c'est la somme d'éléments intagibles et invisibles qui contribuent largement à notre bien-être.
Le Radon illustre parfaitement ce principe : il nous apprend à observer ce qui est invisible pour mieux comprendre notre environnement. Cette nuisance insoupçonnée fait partie des enjeux de santé publique et de l'habitat sain.
Mais avant d'entrer dans le détail de ce gaz radioactif, laissez-moi vous expliquer brièvement l'objet de l'Atlas de la Maison Saine.
L'idée derrière cet ouvrage, c'est de rassembler des informations fiables, pratiques et accessibles pour comprendre tous les éléments qui influencent votre confort et votre santé au quotidien : l'air que vous respirez, l'eau que vous buvez, les ondes, le bruit, les matériaux, et bien sûr les substances invisibles.
Dans l'Atlas de la Maison Saine, chaque thématique a sa place, comme une pièce d'un puzzle.
Cela donnera aux lecteurs curieux un panorama complet, avec des cartes, des chiffres, et des conseils pratiques, pour commencer à regarder son intérieur autrement, à observer et à poser les bonnes questions :
"Est-ce que mon logement est sûr et sain pour moi et ma famille ou mes animaux de compagnie?" ou encore
"Est-ce que je fais vraiment assez attention à ce qui m'entoure ?"...
Le radon ? C'est sans doute la menace la plus ignorée.
Et franchement, quand vous verrez les données scientifiques, vous ne comprendrez pas pourquoi personne ne vous en a parlé plus tôt. Il est invisible, silencieux, ... mais ses effets sur la santé ne le sont pas. Dans cet article, je vais vous guider pour comprendre ce gaz naturel et vous expliquer comment vous en protéger..
Quand on parle de maison saine, on pense souvent à la lumière, aux matériaux, à l’air que l’on respire. Mais il y a un invité discret qu’on oublie trop souvent : le Radon.
Le radon provient de la désintégration naturelle de l'uranium présent dans le sol et certaines roches comme le granit, le gneiss ou les formations volcaniques. Ces éléments radioactifs naturels font partie de la croûte terrestre depuis toujours.
Ce gaz radioactif cherche naturellement à remonter du sol vers la surface. À l'extérieur, aucun problème : le radon se dilue rapidement dans l'atmosphère et disparaît sans laisser de trace. Mais dès qu'il s'infiltre dans une habitation, la situation change complètement.
Si la nature géologique du terrain joue un rôle déterminant dans la concentration en radon, ce n'est pas le seul facteur.
Les remblais utilisés lors de la construction peuvent également contenir de l'uranium et contribuer au problème.
Pire encore : la structure même du bâtiment et les matériaux de construction influencent directement la quantité de radon qui pénètre dans les espaces de vie.
Les sous-sols, caves en terre battue ou vides sanitaires peu ou pas ventilés sont propices à une augmentation des concentrations de radon. Imaginez ces caves où l’air reste immobile pendant plusieurs jours, avec peu de circulation et une seule petite fenêtre donnant sur l’extérieur : c’est là que le gaz radioactif peut atteindre des concentrations inquiétantes.
Toutefois, le gaz radon peut se concentrer dans n’importe quel bâti, il est même possible de trouver du radon dans des appartements situés en étage d’un immeuble.
Les voies d'entrée du radon sont multiples : le sol, l'eau de pluie, les eaux souterraines, les tuyaux d'évacuation ou de géothermie, les puisards, raccords de tuyauterie, fissures, fenêtres (menuiseries), matériaux poreaux, joints et jointures...
Les bâtiments récents, pourtant bien isolés pour conserver la chaleur, peuvent aussi accumuler du radon si la ventilation est insuffisante. Même une maison saine peut être concernée si ces conditions sont réunies.
Nous l'avons vu, le danger se cache dans les défauts d'étanchéité entre le sol et l'habitat. Fissures dans les fondations, passages de canalisations mal scellés, joints détériorés... chaque brèche devient une porte d'entrée pour le radon. Une fois infiltré, ce gaz s'accumule dans l'air confiné des pièces. Mais il provient aussi de l'eau issue des remontées capillaires.
Les remontées capillaires désignent l'eau souterraine qui remonte le long des murs par un phénomène physique naturel. Ce processus discret crée des conditions idéales pour faciliter la pénétration du radon dans votre logement.
Mais comment un gaz peut-il remonter le sol par un passage d'eau ?
Dégradation progressive des matériaux. L'humidité ascensionnelle fragilise les murs et les fondations de l'intérieur. Elle provoque l'apparition de microfissures, parfois invisibles à l'œil nu, qui offrent autant de passages au radon pour s'infiltrer dans l'habitation.
Modification des pressions atmosphériques. Une maison touchée par l'humidité développe souvent une pression d'air intérieure inférieure à celle du sol environnant. Cette différence de pression crée un véritable appel d'air qui aspire le radon depuis le sous-sol vers les espaces de vie.
Détérioration des barrières d'étanchéité. Avec le temps, l'humidité capillaire dégrade les enduits, les membranes d'étanchéité et les joints qui protègent votre maison. Ces dégradations multiplient les voies d'accès pour le radon et réduisent l'efficacité des protections existantes.
Circulation d'air défaillante. Les propriétaires de maisons humides hésitent souvent à ventiler pour éviter d'aggraver le problème d'humidité ou de perdre de la chaleur. Résultat : l'air intérieur se renouvelle mal, favorisant l'accumulation de tous les polluants, radon compris.
Attention aux puits canadiens (ou puits provençaux)
Si votre maison est équipée d'un puits canadien, soyez particulièrement vigilant. Ce système de ventilation naturelle, qui capte l'air extérieur via des conduits enterrés pour le préchauffer ou le rafraîchir avant de l'introduire dans la maison, peut devenir un véritable autoroute à radon.
Le principe même du puits canadien – faire circuler de l'air à travers le sol – crée un contact direct et prolongé entre l'air entrant et les terrains potentiellement chargés en radon. Si votre sol contient de l'uranium (zones granitiques, volcaniques), le radon présent dans le sous-sol sera aspiré et diffusé directement dans toutes les pièces de votre habitation via le système de ventilation.
C'est d'ailleurs l'une des situations où je recommande systématiquement une mesure de radon, même si vous n'êtes pas en zone à risque. J'ai déjà vu des maisons en zone 1 (risque faible) afficher des taux très élevés uniquement à cause d'un puits canadien mal conçu ou installé sur un terrain à risque.
La solution ? Si vous avez un puits canadien et que vous détectez du radon, il existe des filtres spécifiques ou des systèmes de dérivation qui permettent de continuer à utiliser votre installation tout en limitant l'apport de radon. Dans certains cas, il faudra envisager de condamner le système.
Lorsque vous respirez du radon, ce gaz radioactif pénètre dans vos poumons. Ses produits de désintégration, également radioactifs, se déposent sur les cellules des parois respiratoires où ils émettent des particules alpha capables d'endommager l'ADN. Ces micro-lésions répétées peuvent, au fil du temps, provoquer des mutations cellulaires à l'origine de cancers du poumon.
Le radon a d'ailleurs été classé cancérigène pulmonaire pour l’Homme depuis 1987, par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC).
Le radon est la 2ème source de rayonnements ionisants affectant l’Homme et aussi, la 2ème cause de cancer du poumon après le tabac.
Selon l’IRSN, l’exposition domestique au radon est responsable de 2 200 à 3 000 décès chaque année en France (IRSN – Radon et santé).

Si vous êtes fumeur, le risque augmente encore, mais même les non-fumeurs ne sont pas totalement à l’abri. Le risque est multiplié par 20 en cas de tabagisme associé (Wikipedia). Les substances cancérigènes du tabac et les rayonnements alpha du gaz créent un effet synergique dévastateur. Pour un fumeur exposé à un niveau élevé de radon toute sa vie, le risque de cancer du poumon passe de 1 sur 10 à 1 sur 3.
C'est ici que le radon devient particulièrement insidieux : contrairement à d'autres polluants comme le tabac, une exposition au radon ne provoque aucun symptôme immédiat. Pas de toux, pas de maux de tête, pas de picotements.
En réalité, les symptômes de l'exposition au radon sont ceux du cancer du poumon lorsque celui-ci se déclare, généralement après 10 à 30 ans d'exposition. Tout comme l'amiante. Vous pouvez vivre des années dans une maison fortement contaminée sans jamais ressentir le moindre signe d'alerte. Mais à ce stade, il est (presque) trop tard. C'est précisément pour cela que le radon est si dangereux : quand les symptômes apparaissent, le mal est fait.
Soyons honnêtes : sur la question du radon, la France avance à petits pas. Quand certains pays européens imposent depuis des années des obligations de mesure et d’information, notre cadre réglementaire reste encore mince et les campagnes de prévention sont presque inexistantes.
Coté Entreprises, Etablissements Recevant du public (ERP/ERT)
Pour protéger la santé publique des effets cancérigènes du radon, la réglementation française impose certaines vérifications pour les ERP et les ERT. S'ils sont situés au minimum en zone 3, un diagnostic radon est obligatoire.
Depuis 2018, le seuil réglementaire à ne pas dépasser est fixé à 300 Bq/m³ en concentration moyenne annuelle. En cas de dépassement de ce seuil, des actions correctives doivent être mises en œuvre dans un délai de 36 mois maximum.
L'évaluation du radon en milieu professionnel fait partie de la prévention des risques professionnels et relève de la responsabilité de l'employeur dans le cadre du document unique d'évaluation des risques (DUER).
Les mesures doivent être réalisées au moins tous les 10 ans et après chaque modification substantielle des bâtiments.
Pour les habitats collectifs et les maisons individuelles
Certains pays, comme la Grande-Bretagne, la Suède, la Norvège, le Danemark ou l'Italie, ont mis en place des réglementations spécifiques concernant les particuliers et imposent des seuils de concentration à ne pas dépasser dans les habitations. Ils font figure de pionniers en matière de protection contre le radon domestique.
En France, il n'existe pas de réglementation concernant la mesure du radon dans les logements privés.
Bien qu'à l'étude depuis plusieurs années, aucune loi n'oblige actuellement les particuliers à effectuer des mesures de la concentration du radon chez eux. Cela revient à dire que personne ne sait si sa maison est saine, réellement saine... Cette absence de cadre réglementaire laisse donc la responsabilité du dépistage à l'initiative volontaire des propriétaires et occupants, malgré les recommandations des autorités sanitaires.
La seule véritable avancée récente remonte au 1er juillet 2017 : depuis cette date, le propriétaire a l’obligation d’informer l’acheteur ou le locataire sur l’état des risques et pollutions (ERP), lorsque le bien se situe dans une zone à potentiel radon. Ce décret – parfois présenté comme le “diagnostic radon obligatoire” – ne concerne toutefois que les 31 départements classés à risque, définis par arrêté préfectoral.
Entre nous, qui lit vraiment tous les diagnostics immobiliers avant de signer ? Cela dit au passant, j'ai écrit un article les diagnostics immobiliers.
Bref, en pratique encore rare sont les propriétaires qui s'y intéressent et encore moins les locatires! La plupart du temps, cette information passe totalement inaperçue, noyée dans la masse de documents administratifs.
Certaines régions sont plus touchées que d’autres. Les zones granitiques (Massif central, Bretagne, Vosges), les sols volcaniques et certaines argiles concentrent le radon. Mais attention, même dans les zones considérées “faibles”, certaines maisons peuvent présenter des niveaux élevés selon leur ventilation et la configuration des fondations.
C’est une raison de plus pour vérifier régulièrement le niveau de radon et agir si nécessaire, surtout si vous souhaitez protéger votre maison saine et la santé de votre famille.
Vous pouvez consulter la Carte de l’IRSN ou consulter la plateforme Géorisques : Fiche Radon – Géorisques afin de visualiser, en fonction de votre commune, si vous êtes "à risque d'exposition" au radon.
L'ERP de votre logement peut aussi vous renseigner sur le radon. Si vous n'avez pas ce document vous êtes en droit de le demander à votre propriétaire, syndic de copropriété ou bien au notaire.
Ensuite, il est important de regarder ce qu'il en est de votre exposition au niveau de votre commune. Comme vous pouvez le constater avec les cartes présentées, la moyenne de concentrations en radon par département n'est pas une donnée fiable.

Par exemple, le département des Alpes Martimes est classé dans sa moyenne en concentration très faible... mais comme vous pouvez le voir, il y a de très nette différence entre les communes.
Vous l'aurez compris ce n'est pas parce que vous êtes en commune classé "Zone 1" à risque de radon faible, que vous n'y êtes pas exposé.

Il est vivement recommandé de mesurer le radon dans votre logement, notamment si vous habitez dans une commune classée en zone 2 ou 3 (zones à potentiel radon significatif).
Certaines situations nécessitent une vigilance accrue :
Si votre maison se situe en zone 3 (fort potentiel radon) ;
Si un bébé ou enfants dorment ou passent beaucoup de temps au rez-de-chaussée ou au sous-sol ;
Si le logement n’est pas correctement ventilé ou si le système de ventilation est ancien ou mal entretenu ;
Si votre habitat est équipé d’un puits canadien ;
Si le vide sanitaire n’est pas ventilé ou mal aéré.
Un test radon simple et fiable permet d’obtenir une estimation précise en quelques semaines, et d’agir rapidement en cas de dépassement des seuils.
Comme le rappelle l’IRSN, “le dépistage repose sur une série de mesures qui doit refléter l’exposition moyenne des habitants” (recherche-expertise.asnr.fr).
Un dosimètre est un petit appareil passif que vous placez dans les pièces à risque de votre logement : sous-sol, chambre au rez-de-chaussée ou pièce mal ventilée.
Le Kit Détecteur radon PearL, par exemple, convient très bien pour un logement de taille moyenne.
J'utilise professionnelement leurs produits pour certains de mes clients, et je dois dire que leur service client est irréprochable (et non, ce n'est pas un message sponsorisé !). Ce laboratoire français basé à Limoges fournit des analyses vraiment claires et fiables.

Mode d'emploi : Déballez le ou les dosimètres et placez-les dans les pièces les moins ventilées et/ou les plus occupées (séjour, chambres) pendant plusieurs semaines. L'idéal est une durée de 2 mois, mais vous pouvez adapter : plus de 60 jours si vous aérez beaucoup, ou 1 mois si le lieu est inoccupé. Ensuite, remettez-les dans leur sachet zippé et renvoyez-les au laboratoire. Vous recevrez vos résultats par email sous 15 jours.
Lecture des résultats : Regardez la colonne "Activité volumique (Bq.m-3)". Dans l'exemple ci-dessous, le premier dosimètre a mesuré 140 Bq/m³ dans la chambre parentale, et le second 381 Bq/m³ au sous-sol.

Le problème avec le radon c'est qu'il n’est pas figé, même s'il est considéré comme un gaz "lourd". Sa concentration peut varier selon les saisons, la météo, la façon dont vous chauffez votre maison, ou même après des petits travaux. Une mesure ponctuelle, c’est un peu comme prendre une photo d’instantané : utile, mais ça ne raconte pas toute l’histoire.
Par exemple, j’ai vu des maisons où le radon était raisonnable en été, et puis… hop, dès que le chauffage démarre et que les fenêtres restent fermées, les niveaux grimpent. Ou encore, après avoir changé des fenêtres ou renforcé l’isolation, le radon peut s’accumuler plus qu’avant.
C’est pour ça que, selon moi, il vaut mieux garder un œil dessus dans le temps. Même une petite mesure une fois par an peut vous éviter de mauvaises surprises. Et si vous voulez vraiment dormir tranquille, il existe des capteurs électroniques, connectés, qui enregistrent les variations jour après jour. On peut suivre le radon en temps réel et savoir immédiatement si quelque chose cloche.
Bref, un dosimètre, c’est le début du chemin. Mais pour moi, la vraie sécurité, c’est comprendre le radon et le surveiller sur la durée. Mesurer, c’est apprendre ; surveiller, c’est protéger sa maison — et ses proches — durablement.
Le RadonEye RD200 d'Ecosense est un détecteur que j'apprécie pour sa réactivité et sa simplicité... mais aussi pour sa précision, validée par des organismes indépendants.
Il donne une première indication en 10 minutes et mesure en continu. Les graphiques de tendance permettent de suivre l'évolution sur plusieurs jours ou semaines, ce qui aide vraiment à comprendre le comportement du radon dans votre logement et à identifier les moments ou les conditions où il est le plus présent.

Detecteur de Radon - Corentium Home AirThings. Un excellent produit que je recommande de placer dans un endroit représentatif de l'air respiré par les occupants. L'appareil doit être placé à au moins 50 cm du niveau du sol et au moins à 150 cm d'une porte, d'une fenêtre ou d'une bouche d'aération. Je vous laisse ici mon Code parrain 111326004 avec lequel vous pourrez bénéficier d'un bon de réduction d'une valeur de 5%.
Equilibre Habitat Santé Conseils vous propose aussi la location de ce matériel pendant 15 jours à moindre coût.

Si vous observez un taux supérieur à 400 Bq/m³et que vous comptez rénover votre maison je vous recommande vivement la pose d'un film sous dallage anti-radon. Cette membrane étanche se pose avant de couler la dalle et empêche le radon de remonter du sol vers l'intérieur de votre logement. C'est une solution préventive très efficace, surtout lors d'une construction neuve ou d'une rénovation lourde.
Bon à savoir : il existe même des films combinés qui bloquent à la fois les termites et le radon. Si vous êtes dans une région sous arrêté préfectoral pour les termites, vous ferez d'une pierre deux coups en protégeant votre maison contre ces deux menaces souterraines !
En France, le seuil d'alerte est fixé à 400 Bq/m³, avec une moyenne nationale dans les habitations de 90 Bq/m³. Entre 400 et 1 000 Bq/m³, les autorités sanitaires recommandent de mettre en place des actions correctrices, et au-delà de 1 000 Bq/m³, il devient obligatoire d'agir rapidement.
Mais attention : ces seuils français sont nettement plus élevés que dans d'autres pays européens. L'Organisation Mondiale de la Santé recommande d'ailleurs un seuil de référence à 100 Bq/m³. Plusieurs pays comme la Suisse, l'Autriche ou l'Irlande ont adopté des seuils d'intervention autour de 300 Bq/m³, soit 100 Bq/m³ de moins que la France.
Cette différence s'explique par le fait que le radon est la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac, et que l'exposition à long terme, même à des niveaux "modérés", augmente significativement les risques. Personnellement, je considère qu'il est préférable de viser le seuil recommandé par l'OMS plutôt que d'attendre d'atteindre les 400 Bq/m³ français.
Que vous ayez du radon ou non chez vous, je vous conseille de suivre ces recommandations de base qui amélioreront de toute façon votre qualité d'air intérieur.
Aérer quotidiennement : Ouvrez vos fenêtres au moins 10 minutes par jour, même en hiver. Si ce n'est pas possible, pensez à installer une VMC. Nos maisons modernes sont de plus en plus étanches, ce qui est bien pour l'isolation mais piège aussi les polluants : radon bien sûr, mais aussi tous les Composés Organiques Volatiles ou COV qui s'échappent de nos meubles, peintures, produits ménagers...
Colmater les fissures : J'insiste toujours sur ce point avec mes clients : scellez les fissures dans vos murs et sols, surtout au sous-sol et dans les caves. Ça limite les infiltrations d'eau ET les remontées de gaz depuis le sol.
Pour les cas sérieux : Si vous avez des taux de radon vraiment élevés, il existe des systèmes de ventilation active sous dalle qui sont très efficaces. Mais attention, ce n'est pas une solution à mettre en place au hasard. Il faut d'abord comprendre d'où vient le radon, par où il entre, comment il circule dans votre maison. Là, je vous recommande vraiment de faire appel à un professionnel qui saura diagnostiquer le radon ou de vous procurer les appareils de détection.
Faut-il mesurer le radon même dans une maison récente ?
Oui. Même une maison neuve peut accumuler du radon si elle est peu ventilée ou construite sur un sol à forte concentration. L'isolation renforcée des constructions modernes peut même aggraver le problème en empêchant le renouvellement naturel de l'air....
Quelle est la limite de radon recommandée en France ?
L’IRSN recommande 300 Bq/m³ comme niveau à ne pas dépasser sur une période d’exposition prolongée. Personnellement, je vous conseille de viser ce seuil OMS (Organisation Mondiale de la Santé) fixé à 100 Bq/m³ pour une vraie tranquillité d'esprit.
Comment savoir si ma commune est à risque ?
Consultez la Carte radon France de l’IRSN ou la Fiche Radon – Géorisques pour identifier les zones à forte probabilité d'exposition au radon (Commune en Zone 2 ou 3). Mais attention : même en zone 1, votre maison peut être concernée selon sa configuration.
Mesures rapides ou longue durée, que choisir ?
Pour une évaulation générale, un dosimètre posé pendant 1 mois en hiver ou 2 à 3 mois (printemps ou automne) est suffisant. Pour un suivi régulier et comprendre les variations, optez pour un détecteur électronique en continu comme ceux présentés ci-dessus.
Le radon peut-il venir de l'eau du robinet ?
On l'a vu il peut il y avoir du radon à cause des eaux souterraines notamment, mais concernant l'eau de pluie c'est beaucoup plus rare. Le radon peut se dissoudre dans l'eau souterraine et être libéré dans l'air lors de son utilisation (douche, robinet). Cependant, le sol reste de loin la source principale d'exposition au radon domestique.
Faut-il mesurer le radon à chaque saison ?
Une mesure complète sur 2-3 mois en hiver suffit généralement pour avoir une bonne estimation annuelle, car c'est la période où les concentrations sont les plus élevées. Si vous voulez être très précis, une mesure complémentaire en été peut être intéressante pour voir l'amplitude des variations.
J'ai trouvé du radon chez moi, que faire en priorité ?
Aérez ! Entre 10-15 min matin et soir en dehors des pics de pollution liés aux embouteillages si vous êtes en ville. Ensuite, vérifiez l'état de votre VMC, et identifiez les fissures à colmater. Si le taux dépasse 300 Bq/m³, je vous recommande de faire appel à un professionnel pour un diagnostic complet ou à vous équiper de détecteur adapté. Il n'y a qu'en connaissant l'activité volumique sur une période donnée qu'il est possible de créer les meilleures conditions pour bloquer le radon.
Le radon est-il dangereux pour les animaux de compagnie ?
Oui. Les animaux qui passent beaucoup de temps au sol (chiens, chats) sont également exposés, parfois même davantage que nous car ils respirent plus près du sol où les concentrations peuvent être plus élevées.
Peut-on avoir du radon dans un appartement en étage ?
C'est tout à fait possible, même si c'est plus rare. Le radon peut circuler par les gaines techniques, les cages d'escalier ou les conduits de ventilation. Les étages bas sont plus exposés, mais j'ai déjà vu des mesures élevées au 3ème étage d'immeubles anciens mal ventilés.